Jouer pour apprendre, apprendre pour jouer !

Jouer pour apprendre, apprendre pour jouer !

Date
Jun 1, 2021
Pilotes
Wissem AmimiMarie-Aline Mohymont
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Quelle est la thématique sur laquelle vous travaillez ?

Notre travail porte sur les activités artistiques et culturelles que les individus pratiquent à côté de leur activité principale et notre attention est axée plus particulièrement sur le domaine de la musique. Ces activités peuvent constituer un plaisir que l’on s’octroie, une stimulation cérébrale, un hobby ou plus, si affinités : une reconversion, un projet, une vocation...

Tout le monde devrait faire de la musique… C’est une idée un peu ambitieuse, un pari un peu fou, mais dans l’absolu, nous acceptons que nous devrions toutes et tous pratiquer une activité physique pour entretenir notre corps. De la même manière, nous devrions nous préoccuper de la santé de notre esprit tout autant.

La musique touche tout le monde mais tout le monde ne touche pas à la musique. Pourquoi ? Certes, toute une partie de la population est très heureuse de se contenter de l’écouter et ce n’est pas la seule activité possible. C’est vrai, mais beaucoup se confrontent ou construisent eux-mêmes des barrières : apprendre, c’est peut-être long, difficile, inaccessible, le temps manque et puis, les institutions officielles ne sont pas souples, elles manquent de flexibilité, elles ne répondent pas nécessairement aux besoins.

L’école et la pédagogie employée sont à la traîne en terme d’innovations, d’attractivité, et de réponses aux besoins de la société. Si l’école est en retard, l’éducation artistique, elle, appartient à un autre temps et à une autre dimension tellement elle n’est pas adaptée à la réalité d’aujourd’hui. C’est à cette problématique que l’on entend tenter de trouver des pistes de solutions.

A la musique, le thème du jeu s’est tout de suite rallié. « Le jeu est la forme la plus élevée de la recherche. » Albert Einstein.

En effet, nous nous focalisons notamment sur l’une des découvertes les plus intéressantes de ces dernières décennies en neurosciences, l’envie est le meilleur stimulus d’apprentissage et le jeu est un outil redoutable pour les nouvelles pédagogies.

Pourquoi est-ce que aujourd'hui, vous vous intéressez à cette thématique ?

Nous pensons que la musique est source de dépaysement, de bien-être personnel. Elle véhicule des valeurs et répond à des besoins, plus ou moins grands.

Elle nous rassemble, nous ressemble, nous rapproche, nous accroche. Elle est source de joie, de gaieté, de tristesse, de souvenir, de complicité, de légèreté… C’est un tourbillon d’émotions diverses. Elle nous plonge dans une certaine ambiance, qui sera interprété d’une certaine manière par l’un, d’une autre manière par l’autre. Au gré de nos humeurs, de nos envies, de nos goûts,… le rythme variera.

« La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil. » Nietzsche.

La crise sanitaire que nous venons de vivre nous amène à reréfléchir certaines choses. En vivant une période comme celle-ci, on pense à l’après, c’est le moment des opportunités, c’est le moment d’innover, de crééer. Le covid laissera des traces et on s’en rend compte, il a fallu se connecter autrement et les technologies ont permis de maintenir un lien. Le monde virtuel a pris plus de place. On se rend compte que nous avons besoin de contact physique, d’un monde réel. Mais cela a permis aussi de se rendre compte que des outils existent pour maintenir un contact, d’être plus efficaces, de travailler à distance, de se déplacer moins, etc.

Le facteur temps a changé. Nous vivons une période de transition, les gens se redécouvrent peut-être. On se rend plus compte aujourd’hui de l’importance des arts, des cultures, on est tous en manque, l’homme est un être culturel, on a besoin de cela, on a besoin de rêver et tant mieux, c’est une ressource illimitée !

Mais comme pour tout secteur, l’art de transmettre est un travail en amont. Rien n’existe si ce n’est pas transmis, si ce n’est pas pérenne, si ce n’est pas adapté. De la même manière qu’une société ne peut être en bonne santé que si les enfants, futurs acteurs de celle-ci, reçoivent une éducation qualitative, de la même manière, la culture et sa qualité dépendent de ceux et celles qui la produisent et de la manière de la transmettre.

Qu'est-ce qui fait que c'est important, pour vous , de vous y intérresser ?

Depuis toujours (ou presque), nous sommes tous les deux baignés dans le monde musical, que ce soit par le biais d’un instrument de musique, par de l’écoute musicale, par le chant, par l’apprentissage, … Classique ou moderne, rythmée ou calme, avec ou sans texte, rétro ou d’actu,… il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges, pour tous les moments. La musique est dans/en chacun d’entre nous et omniprésente : maison, voiture, télévision, appareils numériques,…

Il est intéressant de noter que nous sommes tous deux reliés à la musique et sensible à l’offre pédagogique de celle-ci mais dans un rôle différent. Nous voulons tous deux solutionner une problématique et nos besoins constituent les deux faces d’une même pièce.

De quoi avez-vous besoin maintenant et dans les jours qui viennent (rencontres, contacts, liens, exemples, etc. ...)

Mieux cibler nos potentiels utilisateurs, mieux comprendre leurs attentes et besoins. Il nous faudrait encore pouvoir partager et discuter avec des personas pertinents, pouvoir faire des « tests » afin de nous permettre de savoir vers quelle route il faut se diriger, car plusieurs possibilités s’offrent à nous. Nous devons poursuivre nos rencontres pour capter les besoins.

Plus tard, il faudra s’atteler à la recherche de ressources en webmastering, développement web, création vidéo, échange de bonnes pratiques. Une réflexion axée sur un Business plan, comment permettre à cette initiative de bénéficier d’une visibilité, comment rendre l’activité viable mais comment permettre que ça soit accessible aussi, non seulement aux personnes qui ont peu de moyens, mais aussi comment atteindre des publics qui ne vont pas spontanément vers ces services. D’une certaine manière, si certains publics ne vont pas à la culture, comment faire en sorte qu’elle aille vers eux...